logo-old.png

SOCIETE HISTORIQUE
DU VIe ARRONDISSEMENT

Notules

Introduction : description à venir

  • Chahut babylonien à l'Ecole des Beaux-Arts
    rue Bonaparte

         Le 29 janvier 1864 eut lieu à l’École des Beaux-Arts une manifestation d'étudiants restée dans l'histoire de l'institution sous le nom de « chahut babylonien ». Viollet-le-Duc, qui avait les faveurs de l'Empereur Napoléon III, venait d'y être nommé comme titulaire de la chaire d'histoire de l'art et d'esthétique. Les élèves, en majorité hostiles au régime, avaient décidé de l'empêcher de faire son premier cours. Ils y parvinrent. « Dans le grand amphithéâtre retentissait un charivari énorme, fait de rugissements, hennissements, barrissements, glapissements, miaulements. Au milieu de cette tempête volaient des œufs, des pommes, des navets, des gros sous. Le comte de Nieuwekerke, surintendant de l'Ecole, dut se retirer, suivi de ses amis. Les étudiants les accompagnèrent en cortège, toujours chantant et braillant, jusqu'au Louvre où il était logé. Mérimée et Théophile Gauthier marchaient avec lui. Ce dernier fut arrêté par les sergents de ville, qui, à cause de la longueur de ses cheveux, l'avaient pris pour un manifestant » (Flora Cès, Récits sous un arbre, Lausanne, Éditions l'Age d'Homme, 2000).

  • La rue Christine
    rue Christine

         On ne sait pas toujours que la discrète rue Christine, entre la rue des Grands-Augustins et la rue Dauphine, entretient, par son nom, le souvenir de Christine de France, morte à Turin le 27 décembre 1663. Seconde fille de Henri IV et de Catherine de Médicis, née en 1606, elle avait épousé en 1619 le duc de Savoie Victor Amédée Ier. Cette rue fut percée en 1607, avec ses voisines les rues Dauphine et de Nesle, comme suite à la construction du Pont-Neuf, et, dès l'origine, porta le nom de cette petite princesse alors âgée de seulement un an.

  • Quand un Lapérouse en cache un autre ...
    Quai des Grands Augustins

         Le restaurant Lapérouse partage avec le café Procope le privilège d'être l'un des deux plus anciens lieux de restauration du VIe arrondissement et de ce fait classés monuments historiques. Situé sur le quai des Grands-Augustins à l'angle de la rue éponyme, c'est à l'origine une demeure particulière, édifiée à la fin du XVIIe siècle pour François Forget, vicomte puis comte de Bruillevert, chef du vol pour héron de la Grande Fauconnerie du roi, puis grand maître des eaux-et-forêts. Le quartier est habité à l'époque par les gens de robe, comme les Séguier, et sur lui plane l'ombre respectable du couvent des Grands-Augustins, qui justement occupe sur le quai l'angle opposé à l'hôtel de Forget. Sous Louis XV il est occupé par Jean-Baptiste-Michel Renou de Chauvigné, géographe et imprimeur-libraire, qui y exerce son activité sous le nom de Jallot (celui de son beau-père), comme on peut le lire par exemple sur les plans qu'il a réalisés, dont le célèbre plan de Paris bien connu des historiens.

         Lui succède en 1766 un limonadier, un dénommé Lefèvre, et c'est pour l'hôtel le début d'une reconversion, puisque le nouveau propriétaire y installe un commerce de vins complété d'un service de restauration. Le lieu n'avait pas été choisi au hasard : depuis 1679 se tenait en effet sur le quai, les lundis, mercredis, vendredis et samedis, un marché à la volaille et au gibier, qui attirait dans le plus grand désordre vendeurs et chalands, soit une clientèle aimant faire bonne chère1. Une telle agitation engendre forcément un peu de délinquance et, le règlement des transactions, se faisant alors en espèces sonnantes et trébuchantes, ne s'opère pas dans des conditions de sécurité optimales. Lefèvre, ayant entendu des doléances de ses clients, a l'idée de génie de transformer les petites chambres de domestiques du premier étage en salles de réunion discrètes. Le succès est immédiat et grandit encore lorsqu'en 1811 sont inaugurées des halles couvertes appelées Marché de la Vallée, à l'emplacement du couvent qui avait disparu sous la Révolution.

         Une nouvelle étape est franchie en 1840 sous le règne de Louis-Philippe. Fort de la notoriété de l'établissement, son nouveau propriétaire, un certain Jules Lapérouse, entreprend de le transformer en un vrai restaurant qui devient rapidement un endroit à la mode dans ce Paris en pleine transformation. Mais la construction des Halles de Baltard donne un coup fatal à beaucoup de ces marchés spécialisés dispersés dans la capitale le Marché de la Vallée est démoli en 1870. La notoriété du restaurant dans un quartier devenu entre temps celui des éditeurs lui permet de surmonter l'obstacle et, à la clientèle des marchands, succède celle des intellectuels qui apprécient l'intimité des « petits salons » aménagés dans les salles du premier étage ... D'autant que Jules Lapérouse, ayant perçu l'engouement du public pour l'orientalisme, a donné son propre nom à son enseigne, jouant sur l'homonymie avec l'illustre navigateur disparu à la fin du siècle précédent en allant explorer pour le compte de Louis XVI les îles du Pacifique. Et pour que l'illusion soit complète, il baptise ses petits salons des noms des navires perdus, la Boussole, l'Astrolabe. C'est donc à une pure opération de marketing que Jean-François de Galaup, comte de La Pérouse, doit d'avoir son nom associé à l'un des plus célèbres restaurants parisiens.

REMARQUE ! Ce site utilise des cookies et autres technologies similaires.

Si vous ne changez pas les paramètres de votre navigateur, vous êtes d'accord.

J'ai compris