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Petit journal du confinement - No 13

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1 Jui 2020

Déconfinement : mieux respirer à Paris avec les huiles essentielles et les extraits de plantes

Il est bien connu que les plantes ont des vertus qui peuvent nous aider à prévenir, assainir et ou pallier des petits maux qui nous tracassent. Dans la gestion de notre quotidien, depuis le début du confinement et la propagation du coronavirus il est important d’aérer et de préserver nos espaces intérieurs dans les conditions les plus saines possibles. Dans ces défis majeurs auxquels nous sommes tous confrontés tant à l’échelle personnelle que nationale ou planétaire,il est important d’entretenir également notre corps et notre mental. Il se trouve que, depuis que j’étudie plus méthodiquement les bienfaits des plantes, je constate que celles-ci peuvent avoir un effet calmant et harmonisant en nous. Il est vrai que les premiers jours, je suis passée par une phase d’insomnies et d’inquiétudes dues aux inconnues que cette situation inédite a soulevées : j’ai donc diffusé dans ma maison des huiles essentielles et appliqué un roll-on aux pétales de gardénias et au jasmin avant de m’endormir dans un sommeil profond.

Au cours de la semaine du 9 mars je suis allée me promener dans la serre tropicale du Jardin des Plantes où je trouve une certaine sérénité ainsi que, sur le chemin du retour, en passant par le jardin du Luxembourg qui abrite une des plus belles collections d’orchidées en France. Après le 13 mars les souvenirs de la mission « Orchidées de Colombie : sur les pas de Humboldt et Bonpland », que nous avions co-organisée avec le Muséum national d’histoire naturelle en 2017 dans le cadre des Saisons croisées France-Colombie, m’ont aidée à trouver un certain apaisement intérieur pour organiser mon quotidien pendant la longue période de confinement que nous venons de traverser. Cette mission fera l’objet d’une prochaine conférence à laquelle j’espère vous voir nombreux.

Les beaux souvenirs me reviennent : une mission en Colombie à la recherche d’orchidées sauvages, en traversant la cordillère des Andes, le son de l’eau et de la pluie, et puis les levers de soleil dans des cimetières amérindiens alors que la rosée matinale s’élève vers un ciel captif des nuages qui se préparent bientôt à se précipiter au-dessus des sommets enneigés. Marcher ! marcher !

Quel beau rêve : sentir mes muscles en mouvement, oui comme ce jour improbable de 2019 où j’ai décidé de courir le marathon de Paris, je me souviens encore : le point de départ de la foule venue des quatre coins du monde était bel et bien l’Arc de triomphe !

Sur les Champs-Élysées on se prépare, on attend, et on commence à courir.
5 km: ces merveilleuses places de la Concorde en hommage à la Patrie réconciliée, l’Assemblée nationale, le temple des lois, que je laisse derrière moi pour me diriger vers la place de la Madeleine, le temple à l’image du Parthénon, érigé à la gloire de Dieu et des hommes tombés pour la France, l’Opéra édifié à la gloire d’Apollon, ses muses, nos artistes et nos musiciens
12 km : le Parc floral et bientôt le printemps qui arrive à Paris.
18 km :je vois les deux clochers de Notre-Dame, envie de m’arrêter, je me sens comme une novice redécouvrant Paris… mais si je m’arrête- pensai-je - je ne pourrai plus rejoindre le parcours des marathoniens et des amateurs… suis si proche et si loin du but, mais cette rosace magnifique que j’ai vue quand je suis arrivée à Paris m’attire fortement… est-ce un élan de lumière ou un prétexte pour ne pas finir ce chemin de croix que je m’inflige…
30 km : pont de l’Alma, au bord de la fatigue extrême, mais après tout il ne reste que 12 km, traverser le bois de Boulogne pour retourner au point de départ, cet Arc du triomphe qui semble être mon repère en ce temps de confinement. Je revis ce moment avec intensité, la boucle dans le 16e arrondissement, en passant devant l’ancien Jardin zoologique d’acclimatation où tant d’espèces ont été climatisées. Je ne sens plus mes jambes, je cours tel un automate pour atteindre le but dans le temps imparti. De loin j’aperçois l’Arc … du triomphe !
La boucle bouclée, je rentre chez moi doucement car la douleur s’installe progressivement dans mes muscles, je suis frigorifiée mais vivante ce 14 avril 2019. Le lendemain, au soir, un seul regret : ne pas être entrée une dernière fois dans la cathédrale. Il paraît que sa toiture était couverte par une charpente, l’équivalent d’une forêt.

Fin 2019, une nouvelle forêt brûle : l’Amazonie.

Quelques mois après, allongée sur un canapé à Paris, un regret : ne pas avoir de motivation pour courir dans une ville qui, comme un géant aux jambes d’argile, s’écroule face à la menace invisible et presque invincible du coronavirus. Mes muscles ankylosés se durcissent : des petites séances de yoga avec mon plus jeune fils me remettent en route ainsi qu’un bon petit déjeuner à base de miel en provenance de Grèce, berceau de la démocratie, et des massages des membres inférieurs aux émulsions à base d’arnica, me redonnent du tonus. Le yoga me mène au guduchi - une plante qui confère l’immortalité dans la tradition ayurvédique (science de la vie en sanskrit) - et qui redynamise l’organisme.

Pendant une semaine, je remplace le café car je le soupçonne d’être à l’origine de mes insomnies. Je réalise que ma dépendance au café est liée à son parfum émis sous forme de vapeur quand ma cafetière italienne bourdonne en m’annonçant que ce précieux breuvage est prêt. Ce sont alors les souvenirs de mon enfance qui remontent, l’odeur du café moulu et toasté la veille se mêle aux odeurs de l’écurie, aux morceaux de canne à sucre fraîchement coupée que mon cheval mâche entre ses dents jaunâtres après avoir galopé, me portant sur sa croupe, dans des champs bien irrigués.

Au bout de quelques jours, je me sens capable d’affronter ce nouveau défi de l’immobilisme, avec le même état d’esprit qui m’a permis de faire face au défi marathonien : sans trop me mettre la pression, mais en écoutant ma respiration et en modérant mon souffle.

Le week-end du 16 mai vient de passer, les Parisiens sont sortis s’aérer par un temps magnifique. Sans oublier d’appliquer les bonnes habitudes pour éviter la propagation du coronavirus, nous pouvons continuer à maintenir notre maison libre de virus en utilisant l’eucalyptus et le tea-tree.

À 20 heures, j’ouvre les fenêtres pour entendre les applaudissements de mes voisins. Et, je continue à remercier chaque minute de la journée, toutes et tous qui sont devenus en l’espace de si peu de temps des acteurs d’une entreprise magistrale de la survie.

Claudia Isabel Navas

Paris, 18 mai 2020

 

 

cultura orchidea

 

La conférence de Claudia Isabel Navas, « Le voyage américain d’Alexandre de Humboldt et Aimé Bonpland », annoncée pour le 23 avril, est reportée à l’automne.

des sites :

www.claudianavas.com/Orchidees-de-Colombie.html,
www.claudianavas.com/Cultura-Orquidea.html

de saines lectures :

• Jean-Paul Kauffmann, La Lutte avec l’Ange, Paris, Gallimard, Collection Folio, 2002
• Adrien Goetz, Notre-Dame de l’Humanité, Paris, Grasset, 2019
• Paolo Rumiz, Le Phare, voyage Immobile, Paris, Hoëbek, 2015
• Rainer Maria Rilke, Notes sur la Mélodie des choses, Paris, Allia, 2015
• Philippe-Alain Michaud, Le Peuple des images, Paris,Desclée de Brouwer, 2002
• Jean-Paul Duviols et Charles Minguet, Alexandre de Humboldt, savant citoyen du monde, Paris, Gallimard, Collection Découverte, 2014
• Claudia Isabel Navas L’Herbier poétique, Paris, Anne Rideau Éditions et Association Enlaces Artisticos Enlaces Artisticos, 2018.

et des ouvrages de contemplation :

• La Divine Comédie de Dante Alighieri, Exposition au Musée du Louvre de dessins de Miquel Barceló, Paris, Louvre, 2004.
• Rougemont, De l’Ellipse à la ligne serpentine, Catalogue d’exposition, Galerie Diane de Polignac, Paris, 2019.
• Les Impressions de plantes de Humboldt et Bonpland, Institut de France, Paris, Anne Rideau, Éditions et Association Enlaces Artisticos, 2019

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